Bror Gunnar Jansson - People!
Ça m’botte, People !
Le bluesman ne serait-il pas en pleine benharperisation ?
Avec un chant qui a un peu muté et qui n’est plus rauque du tout, lorgnant même vers Bill Withers ("A refugee").
Avec des petits cris à la Ray Charles ("People!").
Avec une touche de reggae. Enfin, du soft reggae ("Refuge"). Parfois proche du rhythm ’n’ blues d’autrefois ("At the diner, Pt. II", "Blood").
Avec une orgue prédominante. Jouxtant les cocottes de la guitare, le souffle de la charleston, les déambulations de la basse. Ça, c’est dû au (nouveau) groupe qui l’accompagne, baptisé the Escapism. Tiens tiens, comme They Call Me Rico… & The Escape !
Mais aussi, quand même, du blues, du bon blues, auquel ce tout nouvellement quadragénaire nous avait habitués : lent et ternaire ("At the penitentiary", "A beggar"…) N’est-ce pas sur ce terrain qu’il est le meilleur ?
On se trouve toutefois face à une musique qui a une âme, ce supplément soul complètement voulu par l’artiste, qui se défend pourtant de donner dans un genre ou dans un autre. Ceux-ci vont dépendre des chemins et couleurs qu’il emprunte, différents d’une composition à l’autre, d’un album à l’autre, s’entourant des musiciens idoines. Le nom qui suit Bror Gunnar Jansson sur la pochette (ici "and the Escapism" donc) est un indice.
La considération politique et sociale demeure constante en revanche. Comme dans ses premiers albums, dont les protagonistes, inventés, avaient des allures de personnages de polars, notre dantesque Nordique continue d’explorer la face sombre de l’être humain. Les paroles, très denses, sont marquées cette fois par les guerres – le 1er mot prononcé dans ce disque est "Taliban" ! – et un intérêt fort pour tous les laissés-pour-compte dans le monde : déplacés, réfugiés, mendiants, taulards et… cœurs brisés ("A generic breakup ballad"). On pourrait presque passer d’une chanson à l’autre comme des morceaux d’une même vie. Comme si on avait affaire à un album concept.
Fort de cette nouvelle corde à son arc, si les circonstances voulaient à nouveau lui sourire, l’homme de Lerum (proche Göteborg) pourrait très bien re-séduire la France et devenir un incontournable à l’international. Ben Harper ne serait-il pas d’ailleurs en pleine brorgunnarjanssonisation ?
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Une très belle utilisation de la durée, avec 2 points d’orgue de plus de 6 minutes ("At the penitentiary" et "A generic breakup ballad"). Bien joué !
À l’opposé, on ne s’éternise pas sur 2 titres énergiques mais avares de paroles (répétées) qui se limitent à 3 minutes environ ("Blood" et "People!"). Bien joué encore ! -
A generic breakup ballad
At the diner, Pt. II
A refugee -
A beggar
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La phrase
« It took you so long to realize that I wasn’t the one » ("A generic breakup ballad")
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lui
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…Et maintenant, écoutez !
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Créé le27 juillet 2026


