Matthieu Malon - Bancal
Banco !
À défaut d'être bankable, il est bancal.
La pochette nous donne même une courte définition, en plein milieu du front. Dégarni certes, mais il reste bien plus qu'un cheveu, sur la tête à Matthieu. (OK, réf de vieux.)
Bancal, mais faut-il pour autant le redresser ? Le remettre dans le prétendument droit chemin ? Certainement pas !
Penchons-nous... sur cet album.
Le style ? Le ton est donné dès le 1er titre : faut pas pousser M.M. dans "les orties" ! Alors que les guitares électriques affûtées sont de retour ("C'est bien parce que c'est toi"), on remarquera aussi des lignes de basse tonitruantes ("Un secret pour personne"), on voit qu'il s'est par ailleurs fait engager comme bassiste dans un groupe.
Du rock tantôt énergique tantôt lourd, ce qui n'exclut pas quelques morceaux pop en diable ("La nuit ne nous suffit pas"), que vous entonnerez sous la douche j'en suis sûr.
Le chant ? Un peu comme Arno Alyvan avec Claire Denamur, Matthieu semble chanter mieux lorsqu'il est accompagné de Diane Borderieux (Grife). Bon choix.
Les paroles ? Faire rimer 'toi' avec 'toi' ("C'est bien parce que c'est toi"), il fallait y penser. En fait, tout le texte se joue dans la puissance du titre à double-sens : "C'est bien parce que c'est toi" = je te le concède à toi seulement ; mais aussi "C'est bien parce que c'est toi" = c'est bien ce que tu fais, c'est bien ce qu'on vit, parce ça vient de toi. Exemple assez représentatif, car l'écriture de tout l'album a été approchée comme ça, un habile dosage de mots simples et d'expressions toutes faites qui soudain prennent sens.
On continue ? Après 6 chansons de très bonne facture, les 3 suivantes voient Matthieu revenir à ses tics, ceux-là même qui m'avaient un peu éloigné de ses 2 derniers albums en français : parler plutôt que chanter, lâcher des mots à la va-vite qui ne me concernent pas, sur une musique qu'on peine à se rappeler. Heureusement, ces chansons passent beaucoup mieux en concert, amenant de la diversité dans les instruments, avec inversions des musiciens.
Pour finir, bien qu'étant une reprise, "Elle ne lira jamais mes poèmes" sonne plus Malon que Malon, puisqu'elle me fait bizarrement penser à "La dernière fois", un vieux titre de Matthieu.
Bancal, mais il retombe toujours sur ses pattes.
En sortant 4 bons disques en 9 mois (!), l'Orléanais a remis les pendules à l'heure et démontré qu'il était toujours un très grand de la scène contemporaine indépendante, capable de jouer sur 2 tableaux : laudanum a renoué avec son projet initial électro fait de samples et de collaborations, tandis que Matthieu Malon sous son propre nom s'est également remis dans les rails rock et pop en français.
Ce sont les 2 faces d'une même médaille, et l'équilibre de ce passionné de musique réside sans doute dans la complémentarité de ses 2 côtés.
Autrement, il est bancal. Pas bankable. Et c'est très bien ainsi.
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Il voulait que ce soit court. Brut. Percutant. Spontané. Sur ce plan, c'est réussi, il n'y a pas une minute de trop.
Se déguste daredare à l'enfilade, quasiment comme une urgence.
Dépassant à peine les 2 minutes, "C'est bien parce que c'est toi" (encore) symbolise bien cet état d'esprit.
À l'opposé, c'est la longueur (4:29) et la lenteur de "Sans emballage" qui marquent la rupture, dont j'ai parlé plus haut, entre les 6 premières pistes et le reste.
D'une durée moyenne (3:24), "Elle ne lira jamais mes poèmes" a tout le potentiel pour s'allonger en fin de concert. Ce qui ne manquera pas d'arriver, les (trop rares) fois où Matthieu en aura l'occasion. -
Un secret pour personne
Bancal
C'est bien parce que c'est toi -
Un échange
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La phrase
« À tort mais quand même de travers » ("Bancal")
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luiwww.matthieumalon.fr (220 Visites)
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…Et maintenant, écoutez !
- matthieumalon.bandcamp.com/album/bancal (422 Visites)
- www.deezer.com/fr/album/541538262 (345 Visites)
- open.spotify.com/intl-fr/album/7fSJLuS3cLbH1OyCytBHOe (219 Visites)
- www.youtube.com/playlist?list=OLAK5uy_kjMWF8M0gG9soy4XoA7wm-pOw4F13Mwlo (212 Visites)
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Créé le1 juin 2024
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